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  • Quand le ciel inventa le temps

    January 2nd, 2026

    Le temps s’impose à l’humanité comme une évidence aussi familière qu’insaisissable. Il tisse la continuité des instants, ordonne leur succession et rend possible leur coexistence. Pourtant, loin d’être une donnée immédiate, le temps est une construction progressive, s’enracinant dans une histoire longue et profondément liée à l’observation du monde naturel.

    Aux origines, la conscience du temps ne pouvait s’exprimer qu’à travers les rythmes de la nature. L’alternance du jour et de la nuit, le retour des saisons, la régularité des astres offraient à l’humanité naissante une première intelligibilité du changement. Le temps ne se donnait pas comme un chaos, mais comme une répétition signifiante, une structure cyclique à laquelle l’existence devait s’accorder.

    Le Soleil, en particulier, devint le premier médiateur entre l’homme et le temps. Sa course apparente dans le ciel permettait de distinguer le matin du midi, le midi du soir. Peu à peu, l’idée même de « jour » se forma, lorsque l’on remarqua que l’astre disparaissait chaque soir pour renaître, invariablement, à l’aube suivante. Les ombres que le Soleil projetait sur la terre devinrent des signes : elles s’allongeaient, se contractaient, changeaient de direction à mesure que le Soleil parcourait le ciel.

    Le matin, lorsque le Soleil effleurait encore l’horizon oriental, sa lumière oblique allongeait les ombres des objets verticaux. À midi, lorsqu’il culminait au sommet du ciel, ces ombres se faisaient courtes, presque effacées. Puis, à mesure que l’astre déclinait vers l’ouest, elles s’allongeaient de nouveau, jusqu’à retrouver, au crépuscule, leur ampleur première. Aux yeux des anciens, le Soleil semblait se déplacer d’est en ouest autour de la Terre. Nous savons aujourd’hui que ce « mouvement apparent du Soleil » est en réalité dû à la rotation de la Terre sur elle-même, d’ouest en est. Les astronomes grecs de l’Antiquité expliquaient ce phénomène à l’aide de la « sphère céleste », une construction imaginaire sur laquelle les astres semblaient fixés, un modèle encore utilisé aujourd’hui pour décrire le ciel tel qu’il apparaît depuis la Terre.

    La rotation de la Terre, sa révolution autour du Soleil et la trajectoire apparente de l’astre du jour devinrent ainsi les premiers grands régulateurs naturels du temps. Grâce à eux, les humains commencèrent à diviser le temps en périodes de durée définie.

    Les anciens Égyptiens et les Babyloniens furent parmi les premiers à transformer ces observations en instruments. Ils inventèrent le cadran solaire: une simple tige dressée vers le ciel, le gnomon, dont l’ombre glissait sur une surface plane. À mesure que le Soleil avançait, l’ombre se déplaçait, indiquant, ainsi, l’heure. Les obélisques égyptiens, dressés vers le ciel, servirent ainsi à partager le jour en deux moitiés symétriques autour de midi. Avec le temps, les cadrans se raffinèrent, se dotant de graduations capables de diviser la journée en heures de plus en plus précises.

    À mesure que leur compréhension du ciel s’approfondissait, les grandes civilisations de l’Antiquité divisèrent le jour et la nuit en douze parts égales. Les Babyloniens, fidèles à leur système sexagésimal, découpèrent l’heure en soixante minutes et la minute en soixante secondes. Ce choix, fondé sur le fait que le nombre 60 se divise facilement par de nombreux entiers, laissa une empreinte durable, jusque dans la géométrie du cercle et la mesure des angles, héritage transmis par l’astronomie grecque.

    Mais l’observation du Soleil révéla bientôt une autre dimension du temps. Les astronomes antiques remarquèrent que sa hauteur dans le ciel variait au fil des jours. Ils constatèrent qu’il avançait lentement vers le nord jusqu’à atteindre un point extrême, puis inverser sa course et se diriger vers le sud, avant de repartir à nouveau. Ce lent va-et-vient modifiait, encore, la durée des jours: ils s’allongeaient lorsque le Soleil montait, se raccourcissaient lorsqu’il déclinait. Le jour où il atteignait son point le plus septentrional devint le solstice d’été, le plus long de l’année; son extrême méridional marqua le solstice d’hiver, le plus bref. Ainsi se révéla une temporalité plus vaste, inscrite dans le rythme des saisons.

    De ce cycle solaire naquit l’idée de l’année : le temps nécessaire au Soleil pour parcourir l’arc complet de ses extrêmes.

    À cette temporalité solaire s’ajouta celle de la Lune. Visible dans ses métamorphoses successives, de la nouvelle lune à la pleine lune puis à l’obscurité, elle imposait un rythme régulier d’environ trente jours, inspirant la notion de mois.

    Ces cycles du Soleil et de la Lune permirent l’élaboration des premiers calendriers. Les anciens Égyptiens conçurent un calendrier solaire fondé sur le retour annuel de Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel. Ils remarquèrent que Sirius se levait près du Soleil tous les 365 jours et que cet événement coïncidait avec les crues annuelles du Nil. En raison de l’importance cruciale de ces crues, le début de l’année civile était marqué par le lever de Sirius. Toutefois, le calendrier égyptien était plus court de 0,25 jour par rapport à l’année solaire réelle, que nous savons aujourd’hui durer environ 365,2422 jours. Cette différence s’accumulait avec le temps, provoquant une dérive progressive du calendrier par rapport aux saisons: un jour de décalage tous les 1 460 ans. Il y a environ 4 000 ans, les Égyptiens commencèrent à utiliser des calendriers lunaires pour planifier les cérémonies religieuses, composés de mois alternant 29 et 30 jours, donnant une année d’environ 354 jours. Les Grecs et les Babyloniens auraient harmonisé ces calendriers avec l’année solaire en ajoutant un treizième mois certaines années.

    Afin d’éviter la complexité des calendriers lunaires, fondés sur l’alternance de mois de 29 et de 30 jours pour tenir compte de la durée moyenne du mois lunaire (29,5 jours), les Babyloniens de l’Antiquité élaborèrent un calendrier solaire schématique de 360 jours, conforme à leur tradition du système sexagésimal. Dans ce calendrier, chaque mois comptait 30 jours et l’année se composait de 12 mois. Ce système restait toutefois inférieur de cinq jours à l’année solaire, un écart qui s’accumulait jusqu’à atteindre 30 jours tous les six ans. Les Babyloniens corrigeaient ce décalage en intercalant un treizième mois une fois tous les six ans, procédé qui consistait à doubler le mois babylonien d’Adar.

    Le calendrier babylonien demeura en usage jusqu’à l’époque romaine. Avec le temps, les Romains semblent avoir progressivement abandonné le calendrier lunaire au profit d’un système fondé sur l’année solaire. Ils mirent ainsi en place un calendrier de 355 jours, composé de mois de 29 ou de 31 jours, à l’exception de février, qui ne comptait que 28 jours. Afin de maintenir l’accord avec le cycle des saisons, un mois intercalaire de 22 ou 23 jours était ajouté tous les deux ans. Toutefois, il est généralement admis que les pontifes romains manipulaient fréquemment ce système en ajoutant ou en supprimant ces mois intercalaires à des fins politiques, notamment pour prolonger des mandats ou retarder des élections. Ces pratiques entraînèrent une dérive croissante du calendrier, si bien qu’à l’époque de Jules César, celui-ci accusait un décalage d’environ trois mois par rapport aux saisons.

    Face à cette situation, Jules César, devenu dictateur de Rome, chargea l’astronome gréco-égyptien Sosigène d’Alexandrie de réformer le calendrier. Le calendrier julien qui en résulta avait une durée de 365 jours et six heures et introduisait un jour intercalaire supplémentaire, ajouté au mois de février tous les quatre ans, afin de compenser la dérive induite par un cycle annuel de 365,25 jours, alors considéré comme la durée exacte de l’année solaire. Ce nouveau système établissait que les 1er, 3e, 5e, 7e, 9e et 11e mois compteraient 31 jours, tandis que les autres en compteraient 30, à l’exception de février, fixé à 29 jours. César modifia également le nom du mois de Quintilis, qu’il renomma Julius (juillet) en son honneur. Son successeur, Auguste, souhaita à son tour qu’un mois porte son nom. Le mois de Sextilis fut ainsi rebaptisé Augustus (août). De plus, Auguste décréta que son mois devait être aussi long que celui de Jules César; il retrancha donc le 29e jour de février pour l’ajouter au mois d’août, laissant février avec seulement 28 jours.

    Le calendrier julien, intégrant les modifications apportées par Auguste, resta en vigueur pendant plusieurs siècles. Il présentait néanmoins une légère erreur, excédant la durée réelle de l’année solaire de 0,00781 jour, soit environ 11 minutes et 14 secondes. Cette différence, bien que minime, s’accumula au fil du temps et devint particulièrement problématique en 1582, lorsque l’équinoxe de printemps se produisit avec dix jours d’avance, le 11 mars au lieu du 25 mars. Ce glissement entraînait un décalage progressif des fêtes religieuses vers des périodes de plus en plus précoces de l’année. Afin de remédier à cette situation, le pape Grégoire XIII instaura un nouveau calendrier, dit grégorien, en supprimant dix jours de l’année en cours: le 4 octobre fut ainsi immédiatement suivi du 15 octobre. Il introduisit également des règles destinées à corriger la dérive résiduelle du calendrier julien, notamment en supprimant les années bissextiles divisibles par 100, sauf lorsqu’elles sont également divisibles par 400. Malgré ces ajustements, le calendrier grégorien n’est pas parfaitement exact. Son écart résiduel de 0,0003 jour par rapport à l’année tropique réelle s’accumulera pour atteindre une journée entière au bout d’environ 3 300 ans.

    La quête de précision ne s’arrêta pas aux calendriers. Les cadrans solaires se révélèrent insuffisants. Les heures qu’ils indiquaient correspondaient à un douzième de la durée du jour ou de la nuit et n’avaient donc pas toutes la même longueur, puisque les heures étaient plus longues en été, lorsque les journées s’allongeaient, et plus courtes en hiver, lorsque les jours raccourcissaient. Au Moyen Âge, les astronomes arabes puis les horlogers européens instaurèrent progressivement l’heure uniforme. Ceci marqua une rupture profonde : le temps devint abstrait, uniforme, indépendant de la lumière du jour. Avec l’horloge mécanique naquit la temporalité moderne, rigoureuse et implacable, héritière lointaine de ces premières ombres tracées par le Soleil sur la terre.

  • A Passage Through Time

    December 31st, 2025

    Time is the great arbiter of duration. It dictates continuance, succession, and simultaneity. The concept of time has defined human existence. It owes its development to quite a storied past. Before the development of instruments that abstracted such a concept into a measurable quantity, any sort of cognizance of time was reduced to rhythms set forth by the forces of nature. The rising and the setting of the Sun, the movements of celestial objects, as well as the changing seasons helped early humans grasp a certain pattern of regular change, heralding the first inklings of any perception of the passage of time.

    In particular, great celestial devices such as the Sun allowed a periodic progression of day and night and established a certain reference point for marking the passage of time. In due course, the notion of the day began to emerge as the Sun was observed to reappear right after disappearing the evening prior. Shadows cast by the Sun were noted to change regularly in length and in direction as day tended towards night and as the Sun moved in its apparent path across the sky, observations which soon instituted the notions of morning, noon, and afternoon.

    Early humans noted that during the morning as the Sun lay low on the eastern horizon and as light from the Sun hit the Earth at a shallow oblique angle, shadows cast from vertical objects appeared to be relatively longer. By contrast, at noon, when the Sun lay directly overhead and reached the highest point in the sky relative to the horizon, light from the Sun hit the Earth at a steeper, more direct angle, resulting in the shortest shadows. After noon, as the sun sank lower on the western horizon, shadows lengthened again. Thus, at night, just like in the morning, objects, too, were observed to cast their longest shadows. To ancient observers, the Sun only appeared to move from the eastern horizon to the western horizon. This “apparent motion of the Sun” as it is so called, is in reality, caused by the spin of the Earth from west to east, which leads to an observer on the Earth observing the Sun rising in the East and setting in the West. Ancient Greek astronomers were led to believe that celestial objects such as the Sun were attached to the inside of a sphere, a so-called “celestial sphere” that rotates around the Earth, an imaginary concept which, to this day, remains widely employed by astronomers to describe the apparent motions of celestial objects.

    The revolution of the Earth, the rotation of the Earth around its axis, and the resulting apparent motion of the Sun across the celestial sphere, were thus some of nature’s great early governors of time. They allowed humans to develop the first insights of dividing the passage of time into periods of a particular convenient length.

    Ancient Egyptians and ancient Babylonians were among the first to employ these notions to develop one of the first known instruments of time-keeping, the sundial. The sundial consisted of a vertical rod, known as gnomon, which cast a shadow on a plate. As the Sun moved during the day, so did the shadow cast by the gnomon onto the plate. The position of the gnomon thus determined time. About 3500 years ago, ancients Egyptians are thought to have been using obelisks as sundials to divide the day into two parts, as shadows cast by the obelisks gradually shortened from sunrise to noon, and then lengthened again from noon to sunset. Eventually sundials became sophisticated enough to incorporate calibrated markings, ones which further divided the day into specific hours, corresponding to predictable variations in lengths and in directions of shadows cast as the Sun moved along in its journey.

    As their understanding developed, ancient Egyptians, Babylonians, and Sumerians are thought to have further divided the day into 12 equal parts and the night into 12 equal parts. The Bablyonians, using the (sexagesmial) base-60 number system for calculations, divided the hour into 60 minutes and those minutes again into 60 seconds. The base-60 number system provided an added advantage in that the number 60 has many divisors (2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20, and 30). Such a system would also, later, contribute to geometry, where degrees would be divided into 60 arcminutes, each of which would be divided into 60 arcseconds, a notion introduced in Ptolemy’s Almagest.

    However, as observations of the Sun ensued, Ancient Babylonian, Egyptian, Chinese, and Greek astronomers also noted that the maximum height that the Sun attained in the Sky differed from day to day. In the Northern Hemisphere, they observed that the Sun moved northwards until it was directly at 23.5 N latitude (today known as the Tropic of Cancer). The Sun, then stopped for a day and commenced a southwards journey, whereupon it continued to travel southwards until it was directly at 23.5 S latitude (today known as the Tropic of Capricorn) in the Southern hemisphere. Again, the Sun stopped for a day before reversing direction and commencing a northwards journey. As the Sun journeyed northwards, days grew progressively longer as the Sun lay above the horizon more of the time. Yet, as the Sun changed course and moved southwards, days grew shorter and shorter as the Sun lay lower on the horizon. The day where the Sun was observed to have journeyed farthest north of the celestial equator later came to be known as the summer solstice and it represented the longest day of the year in the Northern Hemisphere. Conversely, the day where the Sun was observed to have journeyed farthest south of the celestial equator later came to be known as the winter solstice. This represented the shortest day of the year in the Northern Hemisphere. Such notions led ancient astronomers to the realization that the Sun did not just move eastwards to westwards every consecutive day but also that it moved northwards to southwards as time progressed.

    The observation of such a regular cycle of the Sun’s motion helped ancient astronomers establish yet another length of time, namely the year, representing the passage of the Sun from the farthest north to the farthest south and its subsequent return to the farthest north.

    As ancient astronomers continued to study the sky, they noted that other celestial objects were, too, exhibiting cyclical change. One such celestial object, the Moon, was observed to change in form. In particular, it went from New Moon to Full Moon and back again to New Moon. These changes were observed to take place the same number of days apart, at about 30 days. The Moon, as a consequence, allowed ancient astronomers to devise yet another concept of time, namely the lunar month. It became common, thereupon, in ancient parlance to employ expressions such as “two or three moons ago”. The word month, in fact, comes from the word moon.

    These recurring patterns exhibited by the Sun and the Moon, in addition to having already helped establish the concept of the day, moreover allowed a larger measure of time that formed the basis of the calendar in many ancient civilizations. About 6000 years ago, the ancient Egyptians were the first to devise a solar calendar that also incorporated the rising of Sirius, the brightest star in the sky. Ancient Egyptians noted that Sirius rose next to the Sun every 365 days. In fact, the rising of Sirius was found to coincide with every successive inundation of the Nile. Since the inundation of the Nile was such an important event in Ancient Egypt, the beginning of the civil year was marked by the rising of Sirius. The Egyptian calendar, however, was 0.25 days short of a true solar year as we, now, know it, corresponding to 365.2422 days or the period of time required for the Earth to complete one full revolution around the Sun, as measured by successive arrivals of the Sun to the vernal (spring) equinox. Such a difference added up with time, causing the Egyptian calendar to “wander in time” and deviate from the seasons. In particular, the Egyptian calendar drifted from the average solar year by one day in 1460 years. Ancient Egyptians could have accounted for this by adding one day to the 365-day year every four years. Yet, the concept of a leap year did not exist at the time. Nonetheless, about four thousand years ago, ancient Egyptians started devising calendars based on the lunar cycle to plan religious ceremonies. This lunar calendar comprised alternating 29-day and 30 day months, giving a year of roughly 354 lunar days. Ancient Greeks and Babylonians are thought to have harmonized the lunar calendar with the solar year by adding a 13th month to some years.

    In order to avoid the confusion of lunar calendars encompassing alternating 29-day and 30-day months to account for the lunar month averaging 29.5 days, ancient Babylonians devised a schematic solar calendar of 360 days, following their tradition of the base-60 number system. In this calendar, every month amounted to 30 days in length and each year comprised 12 months. This calendar was still 5 days too short of a solar year, a difference which added up to 30 days every 6 years. The Babylonians accounted for this by adding a 13th month once in 6 years. This was accomplished by doubling the Babylonian month of Adar.

    The Babylonian calendar remained in use up to the time of the Romans. After a certain period of time, it is thought that the Romans came to abandon the lunar calendar in favour of following the solar year. In particular, the Romans devised a calendar that consisted of 355 days, with months comprising either 29 or 31 days except for February which comprised 28 days. An extra month of 22 or 23 days was added every two years to conform with the seasons. It is thought that Roman pontiffs commonly manipulated the calendar by adding or removing extra months for reasons of political gain such as extending terms of office or delaying elections, to the point that, by the time of Julius Ceasar, the Roman calendar had been losing concord with the seasons and had been drifting three months ahead. As a result, when Julius Caesar became Dictator of Rome, he commissioned the Greek-Egyptian astronomer Sosigenes of Alexandria to reform the calendar. The Julian calendar, one which was 365 days and 6 hours in length, incorporated an extra leap day, added to February, every four years to account for any drifts that a 365.25 day cycle of a solar year, as concurrently thought to have exactly been, would cause. The calendar decreed that the 1st, 3rd, 5th, 7th, 9th, and 11th months should comprise 31 days each but that the remaining months should comprise 30 days, except for February which was to comprise 29 days. Caesar also changed to name of the month Quintilis to Julius (July), after himself. Caesar’s successor Augustus would, also, fancy a month named after himself so the name of the month Sextilis would, later, change to Augustus. Furthermore, Augustus would decree that his month ought to be just as long as Julius Caesar’s month of July. He would, thus, take the 29th day from February and add it to August, leaving February with just 28 days.

    The Julian calendar, incorporating changes made by Augustus, would persist for quite sometime. It, however, still erred by being 0.00781th of a day (11 minutes and 14 seconds) in excess over the true solar year. This presented a notable problem by the year 1582, where the vernal equinox (the first day of spring) occurred 10 days earlier than it should on March 11th, instead of on March 25th. Since that meant religious holidays moving earlier into the season, Pope Gregory XIII decreed for a new calendar to be established, the Gregorian calendar. He removed 10 days from that year. Hence, October 4th was followed by October 15th. Furthermore, in order to account for the 0.00781th of a day deviation exhibited by the Julian calendar amounting to 3 days every 400 years, Pope Gregory XIII introduced other changes such as the omission of leap years divisible by 100 but the retention of leap years divisible by 400. Despite this, even the Gregorian calendar is not perfect. Its 0.0003 day discrepancy from the actual tropical year will accumulate to a day in 3300 years.

    Human progress in reckoning time spurred major attempts to develop instrumentation to mark intervals of time. Sundials were insufficient on their own since individual hours determined were equal to 1/12 of daylight or 1/12 darkness, and were thus unequal in duration. As previously explained, hours were observed to be longer in the summer when days were longer yet shorter in the winter when days were shorter. The fact that those “temporal hours” did not reflect equal increments of time spurred other developments in timekeeping. In the 13th century, Arab astronomers perfected the use of equinoctial hours (equal-length hours) for astronomical calculations and developed devices that helped mark a shift from a dependance on seasonal hours. The introduction of mechanical clocks in 14th Century Europe helped standardize equinoctial hours, laying foundations for modern time-keeping.

  • Les schistes de Burgess

    May 25th, 2025

    Une formation rocheuse connue sous le nom de « schistes de Burgess », dans les Rocheuses de l’Ouest canadien, présente un remarquable témoignage géologique d’un monde ancien. Les fossiles exceptionnellement bien préservés des schistes de Burgess témoignent d’une période de l’histoire de l’évolution, il y a environ 540 millions d’années, marquée par une expansion rapide des formes de vie marine. Cette période est souvent surnommée « l’explosion cambrienne », faisant référence à une certaine « explosion » de la vie invertébrée dans les mers. Les embranchements animaux actuels, notamment les arthropodes, les mollusques et les cordés, apparaissent pour la première fois dans les gisements fossilifères des Schistes de Burgess datant de cette époque. Environ 200 espèces, comprenant des animaux à corps mou et dur, s’y retrouvent. L’apparition des premières coquilles et exosquelettes revêt une importance toute particulière. On estime que cette radiation prodigieuse s’est déroulée sur une période de 40 millions d’années, une période relativement courte du point de vue géologique. On dit que les schistes de Burgess présentent une plus grande diversité morphologique que tous les océans actuels.

    Les arthropodes constituent le groupe animal le plus représenté dans les fossiles des schistes de Burgess. En effet, ils sont de 45 % dans la faune de Burgess. Viennent ensuite les éponges avec 20 %. Parmi les autres groupes animaux figurent les échinodermes, les algues et les cnidaires.

    L’ explosion cambrienne se caractérise par une radiation évolutive de la vie multicellulaire, il y a environ 500 millions d’années.

    L’un des fossiles les plus courants de Burgess est celui de Marrella splendens. Plus de 25 000 spécimens ont été recueillis. Marrella se caractériserait par un bouclier céphalique dorsal et un corps segmenté muni d’une paire d’épines recourbées vers l’arrière. Ses membres s’associent de manière proximale à des branchies, ce qui lui permettait de nager.

    Anomalocaris, le plus grand arthropode cambrien connu, aurait été le principal prédateur des mers cambriennes. Caractérisé par des appendices épineux, de grands yeux composés placés dorso-latéralement, de multiples lobes latéraux appariés, une mâchoire circulaire, et des pièces buccales pointues, il se nourrissait souvent de trilobites, comme le suggèrent les morsures distinctives trouvées sur certains fossiles de trilobites cambriens, qui correspondent à la forme des pièces buccales d’Anomalocaris.

    On pense que la créature de Burgess, Opabinia, se distinguait par un corps segmenté et profilé, un rostre flexible, une nageoire caudale, des lobes latéraux dotés de branchies et la présence notable de cinq yeux composés qui lui auraient permis la stéréopsie. En raison de l’absence de membres articulés, Opabinia n’est considéré comme appartenant à aucune catégorie connue d’arthropodes. On pense que c’était une créature très agile.

    Illustration des créatures, vivant il y a 500 millions d’années, retrouvées dans les schistes de Burgess

    Les arthropodes à carapace, abondants dans les schistes de Burgess, comprennent Canadaspis, Branchiocaris et Burgessia. Canadaspis et Branchiocaris, des arthropodes à carapace bivalve, seraient apparentés aux crustacés. Burgessia se caractériserait par une grande carapace circulaire et une longue épine postérieure deux fois plus longue que sa carapace.

    Les schistes de Burgess préservent également des chordés primitifs. Parmi eux, Pikaia, l’un des fossiles de Burgess les plus rares et le premier groupe animal connu possédant une structure rappelant une colonne vertébrale, à savoir une notochorde. Il est considéré par de nombreux biologistes comme le dernier ancêtre commun de tous les vertébrés sur Terre.

    La radiation importante des exosquelettes, observée dans les faunes de Burgess, pourrait être la conséquence d’une course aux armements évolutionnaires toujours plus croissante. On pense que l’évolution des appareils permettant la mastication a pu exercer une certaine pression sélective, favorisant ainsi le développement de structures défensives telles que les exosquelettes. Il a été suggéré que, puisque les exosquelettes fournissent un levier sur lequel les muscles peuvent agir, améliorant ainsi la mobilité, une telle adaptation aurait également favorisé leur évolution.

    En raison du fait que les squelettes durs se fossilisent assez facilement, certains ont avancé que les schistes de Burgess ne représentent que l’aube des animaux complexes dotés de squelettes durs. Et il est fort possible que des animaux complexes dépourvus de squelettes durs soient déjà apparus avant le Cambrien.

    Il est suggéré que des événements environnementaux majeurs ont favorisé l’explosion cambrienne. Par exemple, le Grand Événement d’Oxygénation, qui a duré des centaines de millions d’années et qui aurait été provoqué par les activités métaboliques des bactéries photosynthétiques, a entraîné une augmentation considérable des niveaux d’oxygène dans les océans et l’atmosphère cambriens. Cela a probablement joué un rôle majeur dans la diversification rapide de la vie complexe caractérisée par l’explosion cambrienne.

    Les grandes glaciations, décrites par des hypothèses telles que l’hypothèse de la « Terre boule de neige » au cours de la période cryogénique, il y a environ 600 millions d’années, ont recouvert une grande partie de la Terre de calottes glaciaires. L’activité volcanique qui a suivi a pu susciter une augmentation progressive et substantielle des niveaux de CO2 dans l’atmosphère, réchauffant ainsi la Terre à un point tel que les calottes glaciaires ont rapidement fondu. De tels événements ont pu provoquer de rapides oscillations environnementales qui ont permis la libération de nutriments dans les océans, facilitant ainsi l’explosion cambrienne.

    On sait que les créatures de Burgess vivaient dans des eaux peu profondes éclairées par le soleil. Mais elles furent ensuite piégées par des coulées de boue cataclysmiques qui les ont déplacées vers des récifs plus profonds, dépourvus d’oxygène. Les conditions anoxiques des eaux profondes ont probablement empêché la décomposition organique des créatures de Burgess. Au fil des siècles, la boue s’est solidifiée en schiste, conservant ainsi un précieux héritage fossile.

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